Jérémy Lempin
Jérémy Lempin est photographe documentaire.
Né en 1983 dans le nord de la France, il construit depuis plusieurs années une œuvre photographique attentive à ce que notre société laisse en marge, tait ou peine à regarder en face.
Son travail s’inscrit dans le temps long et se déploie au plus près des personnes, dans une relation fondée sur l’écoute, la confiance et une présence patiente. Sa photographie cherche moins à démontrer qu’à révéler, moins à surligner qu’à faire apparaître.
Formé à la photographie très tôt, il prolonge ensuite ce regard au sein de l’institution militaire, avant de s’en détacher pour développer une écriture documentaire plus personnelle. De cette trajectoire, il a gardé une rigueur, un sens du terrain, mais aussi une attention durable aux mondes fermés, aux zones de silence, aux existences traversées par l’épreuve, la dignité et l’invisibilité.
Cette ligne traverse l’ensemble de son parcours. Il photographie d’abord des univers marqués par l’engagement, la tension et l’appartenance collective — les légionnaires, les pompiers de Paris, les supporters ultras — avant de déplacer progressivement son regard vers des réalités plus intérieures, plus silencieuses, mais tout aussi révélatrices de notre époque.
Avec Docteur Peyo et Mister Hassen, consacré à la présence d’un cheval dans un service de soins palliatifs auprès de malades atteints de cancer, il atteint une forme de maturité décisive. Ce projet, profondément humain, interroge la fragilité, la présence, le soin et ce qui se joue dans les derniers instants.
Avec Aux armes et caetera, consacré au stress post-traumatique, il s’attache non seulement aux anciens soldats, mais aussi aux familles qui vivent avec eux, aux proches qui partagent la souffrance, l’attente, les silences et les tentatives de reconstruction.
Puis, avec L’École de la vie : liberté, égalité, invisibilité, il s’intéresse à une autre forme d’empêchement quotidien : vivre, travailler, élever ses enfants, se repérer dans le monde administratif et social lorsque la lecture et l’écriture ne vont pas de soi. D’un projet à l’autre, son travail explore moins des catégories que des façons de vivre avec l’épreuve, le manque ou l’invisible.