Clichés, Made in U.S.A. Carnet d'une conversation entre une photographe et un sociologue.

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Qu’est-il possible de faire d’un épisode de vie traumatique lorsqu’il est profondément intime ? Paradoxalement, n’est-ce pas là qu’il peut être le plus intéressant — voire d’une nécessité plus qu’impérieuse — de le partager très largement ? Des photographies prises dans ces moments de douleur mêlés de torpeur, permettent-elles de restituer, par-delà l’intime, quelque chose de plus général ? Et si cette étrange intimité, dès lors qu’on accepte de la dévoiler, ne viendrait pas justement révéler quelque chose de très commun ? Un universel resté jusque-là silencieux.

A priori, la déchirure prend le pas et chacun est incliné à n’en rendre compte qu’avec une poignée de proches savamment sélectionnés. Mais que se passe-t-il lorsque le trauma influe sur le travail photographique jusqu’à se lire dans la matérialité des images qui en résultent et à devenir, par conséquent, visible ?

En rupture de ban avec les bavardages conceptuels ou les justifications technico-artistiques usuelles, une photographe décide d’entreprendre ici une « conversation » biographique et photographique, à partir d’un pan de son œuvre, non pas avec un thérapeute ou un psychanalyste, mais avec un sociologue de fortune rencontré au débotté, sans le moindre tabou.

Note : couverture provisoire.

Description

Installée depuis peu en Californie pour raisons familiales, Charlotte Bresson est confrontée à un changement personnel brutal. Dans un état de sidération, la photographe décide d’entreprendre un road trip qu’elle espère salvateur, avec Los Angeles comme point de départ et une traversée vers l’Est, qui la conduit au cœur de six États distincts, comme objectif.

À son retour en France, la question : « Que faire de ce corpus d’images ? » reste en suspens, la priorité est à la reconstruction. Sa rencontre fortuite avec le sociologue Mikaël Salaün l’amène pourtant à dénouer cette expérience traumatique. Dans une conversation inédite, faite d’échanges nourris pendant près de six mois, émergent alors autant le parcours de la vie d’une femme confrontée à un turning point foudroyant que la singularité du travail d’enquête d’un praticien à rebours de la méthodologie habituellement de rigueur dans les sciences sociales.

Avec cet ouvrage, quelque chose de nouveau se recompose dans la mise en mots de la douleur de la femme et de la photographe, autour d’une réflexion sur la question du « cliché ».

Progressivement, les images mises en scène sous la forme d’un récit de voyage — initiatique — révèlent à la fois un état émotionnel intime, des visages graves, et, en creux, des formes topologiques multiples de l’Amérique contemporaine. Nous sommes à l’automne 2016, les États-Unis, en pleine élection présidentielle, apparaissent plus que jamais protéiformes et la middle-class, frappée par la crise économique qui secoue le monde, laisse entrevoir une grande solitude — ou une nostalgie — autant que celle qui secoue la vie de la photographe en proie à elle-même et à sa propre destinée…

 

Les auteurs

Charlotte Bresson, qui se destinait à être détective privée, découvre lors des détours des couloirs de la fac de droit le laboratoire photo. Révélation : elle sera photographe. Diplôme en poche, elle donne des cours photo dans toutes les écoles d’Auvergne (ou presque).
En 2003, installée à Paris, elle devient l’assistante de tous les photographes de l’agence Rapho (ou presque).
En 2010, photographe indépendante, elle co-fonde le collectif Images sensibles avec Caterina Suzzi et Emmanuelle Foussat, avec qui elle expose et travaille fréquemment sur des sujets sociaux. Entre deux travaux de commande, elle nourrit son travail personnel de sa curiosité du monde, en laissant leur part de mystérieux et de suggestivité aux choses qui l’entourent.

Mikaël Salaün est sociologue. Il est titulaire d’un doctorat de l’École des Ponts et Chaussées et d’un Master en Politiques d’entreprise de Sciences Po Paris, spécialiste des questions d’organisation, de conditions de travail et de santé au travail. Il conduit et pilote des études et des enquêtes dans le monde du travail depuis près de 20 ans. Il enseigne par ailleurs la sociologie du travail et des organisations ou encore la méthodologie de la recherche en sciences sociales à l’Université Paris-Est et à l’Université Paris-Nord.

 

4e de couverture

Récit personnel, narration photographique, quête identitaire, recherche sociologique ? Le moins que l’on puisse dire est que cet ouvrage n’entre dans aucune case pré-établie, puisqu’il fait se rencontrer des pratiques rarement associées.

Ce carnet met en scène les images prises par Charlotte Bresson pendant son séjour familial en Californie et raconte l’histoire d’une installation transformée en voyage introspectif suite à un turning-point brutal qui n’aurait pas dû avoir lieu.

À son retour en France, la sidération cède peu à peu la place à une réflexion sur l’expérience vécue, grâce à une conversation menée avec le sociologue Mikaël Salaün, poursuivie plusieurs mois durant, sur la base d’une sélection de « clichés » choisis par la photographe pour rendre compte de son parcours, à la fois intime et photographique.

Cette conversation est un voyage, comme celui qui conduit Charlotte Bresson dans la traversée de six États américains. En même temps qu’elle, nous sommes confrontés à cette notion de « cliché » : cliché de la crise identitaire, clichés d’une Amérique âpre et intransigeante.

Cet essai photographique inédit contribue à une transformation du regard sur la compréhension de ce que peut être un cliché photographique parce que s’entremêlent ici, au-delà de l’image, la narration biographique personnelle et le regard sociologique.

Il en résulte un « objet » composite insolite, au croisement de l’écriture et de l’image, de la pratique photographique et de la pensée sociologique, articulant, au fil des pages, l’individuel et le collectif, le particulier et l’universel, sur fond de crise personnelle pour la première et de doute méthodologique pour le second.

Le récit photographique nous fait aussi découvrir des visages, des corps, des appartenances, des parcours de vie, autant de décors qui rappellent et évoquent explicitement le cinéma et la littérature.

 

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